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La musique pour chœur et orgue de Grégoire Rolland: un envoûtant voyage dans le temps et l’espace

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Le 10 octobre 2022, en l’ église St Eustache à Paris, s’est tenu un concert particulier pour l’ensemble Dulci Jubilo, son chef de choeur Christopher GIBERT , et ses confrères et amis  Thomas Ospital et Grégoire Rolland avec le lancement de l’album SHENG  pour le label Anima Nostra. Classicagenda revient sur cet événement plein de belles découvertes sonores et musicales. 

 

De Jean-Sébastien BACH à Thierry ESCAICH en  passant par César FRANCK, Charles TOURNEMIRE ou Louis VIERNE, de nombreux organistes ont aussi cherché à laisser une empreinte musicale par le biais de la composition. C’est ce que fait le jeune compositeur Grégoire ROLLAND, dont la musique fait voyager l’auditeur et l’interprète dans des contrées lointaines. 

Lointaines à plusieurs égards. En effet, la musique de Grégoire ROLLAND, compositeur clef de ce projet , repose sur trois piliers : le grégorien, la Nature et les arts et influences asiatiques. 

De ses inspirations complétées par une  très solide formation au conservatoire national supérieur de Paris, Grégoire Rolland en tire un Univers musical d’une grande clarté avec l’exploration de nouvelles sonorités intéressantes.

 

Durant le concert,le compositeur principal, Grégoire Rolland et qui a été présenté plus haut, est venu parler de ses œuvres et de son langage pour que le public, venu en nombre, puisse se familiariser au mieux avec le langage aérien profonde exotique du compositeur.

Cette intervention, servant de prélude au concert, a été chaleureusement saluée par le public venu en nombre.

 

Les œuvres jouées et chantées durant le concert ont été les suivantes: Chang’E pour choeur et orgue qui s’inspire de la déesse de la nuit. Le concert se poursuivait avec des oeuvres de Francis POULENC ( O Magnum mysterium , Extraits des Motets pour un temps de pénitence avec à chaque fois une improvisation à l’orgue, permettant ainsi  à Thomas OSPITAL de donner libre court à son imagination sur son instrument de prédilection : il est titulaire de l orgue de St Eustache). 

 

 Le concert continuait avec une œuvre d’un autre grand maître actuel de l’orgue comme de la composition: Thierry Escaich. Compositeur extrêmement prolifique qui trouve en partie son inspiration dans l’ observation des vitraux de St Etienne du Mont, son catalogue propose de multiples œuvres instrumentales comme vocales. Dans le cadre de ce programme,c’est le motet II Le Masque,  qui a été choisi par les artistes. Cette œuvre, a l’écriture complexe et novatrice a été fortement plébiscitée par le public , en présence du compositeur, car elle a fait l’objet d’un bis. 

Pour le concert, les artistes du choeur Dulci Jubilo  avaient interprétés les pièces suivantes de Grégoire Rolland : Luminous Bells pour orgue seul, en référence aux sons et lumières de la cathédrale de Bourges, 

Sheng chant rappelant la calligraphie asiatique,

  , musique  chorale faisant référence à  la théorie du Ying et du Yang et Omoï, pièce pour orgue seul,composée pour rendre hommage aux victimes de la catastrophe de Fukushima. Ces quatre compositions, de style très différents et présentant chacune un intérêt (sur le plan de l’écriture par des techniques savamment maîtrisées) se retrouvent aussi dans le disque promu et vendu par les interprètes et leur équipe.

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Pour entrecouper ces quatre pièces de Grégoire Rolland, le choeur Dulci Jubilo a chanté le Salve Regina de Christopher Gibert qui en plus de la direction et de l’enseignement,s’adonne volontiers à la composition. D’ailleurs ,le disque Stabat Mater, édité par la même maison de disques ,avait rencontré un franc succès et avait fait l’objet d’une critique sur Classicagenda.    

 

Le concert se clôturait avec deux pièces de grands compositeurs maîtres de l’orgue, à savoir Maurice Duruflé et Thierry Escaich. En conclusion, il est fort louable qu’un tel projet ait eu lieu car cela permet de dynamiser à nouveau un choeur après cette période de pandémie : mais ce qui l’ est encore plus c’est de promouvoir ainsi la musique contemporaine , qui regorge de trésors et qui présente de réels avantages, comme l’interaction entre les musiciens et le compositeur. Il va sans dire que l’auditeur, mélomane ou non, sera conquis par cet enregistrement et par les œuvres proposées.

 

Ingénieur en mécanique, mais aussi titulaire d'un master international de musique et musicologie (université Paris-Sorbonne et Université de Sarrebrück) ainsi que d'une licence de sciences, je suis passionné par les instruments et la musique classique depuis mon enfance. Ma jeune carrière m'a permis d'avoir une opportunité à Safran Transmission Systems de 2017 à 2020. En tant que violoncelliste amateur, j'ai participé à l'Annecy Classic Orchestra avec Fayçal Karoui et Denis Matsuev en 2014 et 2015 et au Festival Berlioz en 2016.