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Das Buehnenbild anlaesslich dem Klavierfestival Le Piano Symphonique am Dienstag, 14. Januar 2025 im Konzertsaal des KKL Luzern. (Luzerner Sinfonieorchester/Philipp Schmidli)

« Le Piano Symphonique » : le nouvel emblème du piano de la Suisse

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Lucerne, en mode festival tout au long de l’année, mérite pleinement son titre de ville où la musique ne connaît pas de basse saison. Lorsqu’on évoque un festival de musique, on pense d’abord au Lucerne Festival, une institution de 87 ans qui cible spécifiquement la saison estivale. Cependant, l’Orchestre Symphonique de Lucerne, fort de plus de 200 ans d’histoire (fondé en 1805) et le plus ancien orchestre encore en activité en Suisse, contribue également à maintenir la ville du Lac des Quatre-Cantons dans une atmosphère festive tout au long de l’année grâce à sa riche programmation de saison. Voici un aperçu du nouvel emblème du piano « Le Piano Symphonique », qui fête cette année sa quatrième édition.

Genèse

Le directeur artistique Numa Bischof Ullmann a voulu apporter une touche distinctive à la programmation annuelle de l’Orchestre symphonique de Lucerne. L’occasion s’est présentée avec la proposition du KKL de créer un festival de piano en hiver. Jusqu’alors, un festival de piano avait lieu chaque année en novembre sous l’égide du Lucerne Festival, mais celui-ci a cessé d’exister – novembre est désormais consacré à la musique contemporaine, et le PianoFest de mai est devenu un événement de week-end. Face à cela, le KKL souhaitait organiser un nouvel événement centré sur le piano. De plus, Lucerne est une ville historiquement liée au piano : Rachmaninoff et Wagner y ont vécu, tandis que Scriabine et Liszt ont également résidé dans ses environs. Ce contexte historique a sans doute encouragé la création de « Le Piano Symphonique ».

Janine-Jansen-Mischa-Maisky-Martha-Argerich-©Philipp-Schmidli
Janine Jansen, Mischa Maisky, Martha Argerich ©Philipp Schmidli

Un branding puissant, un format de concert unique et un financement 100 % privé

« Le Piano Symphonique » a su s’imposer en seulement quatre ans grâce à deux facteurs clés : un branding puissant, centré sur la légendaire Martha Argerich, artiste associée du festival, et un format de concert novateur.

Des artistes de renom, proches de Martha Argerich – Mischa Maisky, Gidon Kremer, Stephen Kovacevich, Evgeny Kissin – contribuent à l’identité du festival. La programmation a également attiré des artistes confirmés tels que Leif Ove Andsnes, Janine Jansen, ainsi que des pianistes de la jeune génération comme Beatrice Rana et Yunchan Lim, le premier prix du Concours Van Cliburn 2022.

En termes de format, le festival se distingue par sa rupture avec la tradition des concerts classiques. Plutôt que de suivre la structure habituelle (ouverture – concerto – symphonie), les concerts du soir sont divisés en trois parties, avec deux entractes, ce qui permet au public de se restaurer et d’échanger sur la musique, un peu à la manière des entractes d’opéra.

Puisque le festival met à l’honneur le piano, cet instrument occupe toujours une place centrale. En voici un exemple : orchestre + soliste (1re partie), récital (2e partie), musique de chambre (3e partie). Chaque section peut être considérée comme un concert indépendant.

Autre point notable : le festival est entièrement financé par des mécènes privés, sans aucune subvention publique. Parmi ses principaux bienfaiteurs figure Aline Foriel-Destezet, mécène influente de nombreuses institutions culturelles telles que la Philharmonie de Paris, l’Opéra de Paris et le Théâtre des Champs-Élysées.

Yunchan Lim, Le Piano Symphonique © Philipp Schmidli
Yunchan Lim, Le Piano Symphonique © Philipp Schmidli

Actuellement, le public du festival est majoritairement suisse, mais l’objectif est d’élargir progressivement son rayonnement international. Le directeur du festival insiste également sur la nécessité de proposer des programmes inédits, en explorant des œuvres moins connues du répertoire pianistique, au-delà des traditionnels Haydn, Beethoven, Chopin, Schumann, Scarlatti et Liszt. Ainsi, nous pourrions bientôt y entendre des œuvres d’Alkan, Fauré, Reynaldo Hahn, Gabriel Pierné, Cécile Chaminade et Mel Bonis ?

Organisé par : Orchestre symphonique de Lucerne (Lucerne Symphony Orchestra)
Directeur musical : Michael Sanderling
Directeur artistique : Numa Bischof Ullmann

Lieu : KKL Konzertsaal de Lucerne et Musée d’Art Contemporain
Dates : Du 13 au 18 janvier

Site du festival

Membre du Syndicat Professionnel de la critique Théâtre, Musique et Danse, Marine partage ses émotions au travers de ses chroniques. Marine Park est rédactrice de différents médias spécialisés dans la musique classique. Diplômée du cursus professionnel « Administrateur / Producteur Projets Musicaux » à l’Université de Paris, Marine est conseillère artistique et développe divers projets artistiques.