Sous le titre « Joyaux de la Belle Epoque » a débuté le 7 octobre 2026 la saison « Classique à l’ECUJE », avec la participation du clarinettiste Nicolas Baldeyrou et du pianiste Nicolas Stavy. Comme à l’accoutumée et selon la tradition du lieu, à la lumière des bougies.
Animée par Nicolas Baldeyrou, virtuose reconnu de la clarinette et le pianiste concertiste Nicolas Stavy, inlassable découvreur, deux solides représentants de leur instrument respectif, la soirée s’est plue à broder -à la seule et belle lueur des bougies- sur des musiques qui méritent mieux que leur étiquette qu’on leur oppose trop souvent, « de Salon » …
Hormis quelques rares pièces plus ou moins connues des mélomanes, cette soirée a été aussi l’occasion de belles découvertes émanant de compositrices méconnues.
C’est le cas des deux premières pièces composées par Clémence de Grandval (1828-1907) qui fut une élève de Gabriel Fauré: « Invocation », une pièce allègre et un peu lunaire, puis « Air slave », pièce rythmée et colorée qui semble parfois annoncer la musique française du 20ème siècle, telle celle de Francis Poulenc dont la musique figure également au programme de cette soirée.
Nos musiciens- qui ont formé en cette occasion un beau duo complice- nous donnaient à entendre justement la « Sonate pour clarinette et piano » de Francis Poulenc (1899-1963). Cette pièce, tour à tour fantasque, puis réservée, presque pudique dans son mouvement introductif, est suivie d’un moment lent et mélancolique. Elle s’achève en une sorte de farandole.
Le concert se poursuivait avec une « Canzonetta » de Gabriel Pïerné (1863-1937), bien dans le goût de la musique française de l’époque, musardant entre les tons et les couleurs, dans un esprit plutôt rhapsodique.
On enchaînait avec une pièce de concours écrite par Claude Debussy (1862-1918) pour le Conservatoire de Paris et destinée au Prix de clarinette: un bijou de virtuosité où la musique, souvent étrange et fluide, s’achève vers la lumière.
Autre compositrice méconnue, mais elle aussi à redécouvrir, Fernande Decruck (1896-1954), connue notamment pour avoir composé plus de 40 œuvres pour saxophone, qui fut entre autre organiste et pédagogue. Nos interprètes ont choisi une « Cantilène « . Cette pièce révèle un univers musical empreint de rêverie dans cette pièce méditative.
Le concert prenait fin avec une pièce que Nicolas Baldeyrou n’a pas hésité à qualifier d' »anachronique »: la « Sonate » de Camille Saint-Saëns (1835-1921) pour clarinette et piano. Considérée comme son œuvre ultime, écrite en effet peu de temps avant sa mort, en 1921, elle comporte quatre mouvements. Cette pièce développe une musique que l’on pourrait qualifier de « style ancien », réminiscences d’un monde disparu ?… Cette Sonate n’est pas sans charme, elle nous rappelle le talent de mélodiste du compositeur qui -peut-être- a souhaité mettre « son » point final au romantisme français tardif. Seul soubresaut étonnant, un 3ème mouvement très lent et plein de noirceur, avec une clarinette dans le grave extrême.
Avant que le concert proprement dit ne commence, Nicolas Baldeyrou et Nicolas Stavy avaient souhaité, en ce 7 octobre , introduire ce concert par « Kaddish » de Maurice Ravel, la clarinette assurant la voix: moment intense de recueillement.
La saison 2026-2027 de l’ECUJE (Espace Culturel et Universitaire Juif d’Europe) se poursuivra en 8 concerts et se terminera le 16 juin 2027 avec un concert autour des « Horizons poétiques de Schubert, Leleu, Duparc », avec la soprano Marie-Laure Garnier et la pianiste Célia Oneto-Bensaïd.
Dès le 18 novembre 2026, on pourra faire le « Voyage pour la Main Gauche », de Scriabine à La La Land, avec le pianiste Maxime Zecchini, et le 9 décembre entreprendre « les Chemins de la Mélodie française » avec le ténor Cyrille Dubois et le pianiste Tristan Raës.
CLASSIQUE A L’ECUJE
119, rue La Fayette , à Paris
7 octobre 2026
« Joyaux de la Belle Epoque »
Œuvres de Grandval, Poulenc, Pierné, Debussy, Decruck, et Saint-Saëns
Nicolas Baldeyrou, Clarinette
Nicolas Stavy, Piano
