À l’aube de sa nouvelle saison, la Philharmonie de Paris a inauguré son festival symphonique rebaptisé « Les Prem’s ». Inspiré des légendaires « Proms » de Londres, l’événement a transformé la Grande salle Pierre Boulez en un espace de convivialité et de découverte, offrant au public parisien l’occasion rare d’écouter les plus grands orchestres européens dans une atmosphère à la fois décontractée et exigeante.
Début septembre, les orchestres européens bouclent leurs dernières étapes de tournée estivale. Certains choisissent Paris comme destination finale, clôturant leur parcours en beauté. La Philharmonie de Paris ouvre sa nouvelle saison en accueillant ces prestigieux invités venus des pays voisins. La liste varie chaque année ; cette fois, ce sont le Berliner Philharmoniker, le Gewandhausorchester de Leipzig, l’Orchestre et le Chœur de la Scala de Milan qui étaient conviés, rejoints par l’Orchestre de Paris, résident de la Philharmonie, pour célébrer pendant dix jours un véritable festin symphonique. L’occasion de découvrir une programmation audacieuse qui insuffle un nouvel élan au début de saison.

Des programmes de haut niveau, une approche d’écoute plus accessible
Chaque année, la Philharmonie de Paris inaugure sa saison par une série de concerts symphoniques, mais à l’occasion de son dixième anniversaire, elle a choisi de lui donner une identité singulière : « Les Prem’s ». Comme le suggère son nom, l’idée s’inspire directement des célèbres « Proms » de Londres. Les fauteuils coûteux des premiers rangs, situés devant la scène, ont été supprimés pour laisser place à 700 spectateurs pouvant écouter debout, assis à même le sol, ou même allongés. Le prix des billets, fixé à seulement 15 euros, constitue une stratégie claire : attirer les jeunes, les nouvelles générations et les publics peu familiers, voire intimidés, par la musique classique et symphonique. Pouvoir écouter les plus grands orchestres et chefs à quelques mètres de distance pour un tarif aussi symbolique a provoqué un véritable engouement. Vêtus de tee-shirts et de baskets, les spectateurs écoutaient avec une attention soutenue, les yeux brillants et l’oreille tendue vers les symphonies magnifiquement portées par l’acoustique de la Grande salle de la philharmonie.

Des programmes porteurs d’identité
Chaque orchestre a choisi un répertoire emblématique de son histoire et de son identité. Le Gewandhausorchester a ouvert le festival les 2 et 3 septembre avec deux programmes distincts. Le premier associait Cantus in memoriam Benjamin Britten d’Arvo Pärt, la Deuxième Symphonie de Sibelius et le Concerto pour violon de Dvořák (Isabelle Faust comme soliste). Le second, plus intimement lié à son histoire, réunissait la Cinquième Symphonie « Réformation » de Mendelssohn — qui fut directeur musical du Gewandhausorchester dès 1835, contribuant à en faire une référence européenne — et Un Requiem allemand de Brahms, créé dans la salle même du Gewandhaus.
Le Berliner Philharmoniker, fidèle à sa longue tradition mahlérienne, a interprété la Neuvième Symphonie de Mahler sous la baguette de Kirill Petrenko.
L’Orchestre et le Chœur de la Scala ont, pour leur part, mis à l’honneur la tradition lyrique italienne à travers des pages de Verdi et de Rossini, séduisant avec éclat le public parisien.

Vincent Lucas – Copland, Connesson, Gershwin, Tower, Varèse (c) Denis Allard
Enfin, pour la clôture du festival, l’Orchestre de Paris, dirigé par Klaus Mäkelä, a proposé, en deux représentations les 10 et 11 septembre, un programme croisant répertoires français et américains – Copland, Connesson, Gershwin, Tower et Varèse – traçant un pont entre les deux cultures.
