The Mahler Competition 2026 Marina Mahler (c) Marian Lenhard
The Mahler Competition 2026 Marina Mahler (c) Marian Lenhard

Mahler Competition 2026 : à Bamberg, un véritable laboratoire pour les chefs d’orchestre de demain

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Le 3 juillet dernier, la huitième édition de la Mahler Competition s’est achevée à Bamberg, confirmant une nouvelle fois son statut de tremplin incontournable pour la nouvelle génération de chefs d’orchestre. Pendant plus de dix jours, vingt-quatre jeunes chefs venus du monde entier ont travaillé avec le Bamberger Symphoniker, dans un concours où la personnalité musicale, la capacité de communication et le leadership priment sur la seule virtuosité gestuelle.

Créé en 2004 à l’initiative de Marina Mahler, petite-fille du compositeur, d’Ernest Fleischmann et du chef Jonathan Nott, alors directeur musical du Bamberger Symphoniker, le concours s’est imposé dès sa première édition en révélant Gustavo Dudamel. Depuis, Lahav Shani, Aziz Shokhakimov ou encore Shi-Yeon Sung figurent parmi les chefs qui ont lancé leur carrière internationale à Bamberg. Au-delà des dotations financières, les lauréats bénéficient d’un accompagnement professionnel sur plusieurs années ainsi que d’invitations à diriger le Bamberger Symphoniker.

Organisé dans la vieille ville de Bamberg, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, le concours se déroule au Joseph-Keilberth-Saal, résidence du Bamberger Symphoniker. Cette année, les candidats étaient confrontés à un répertoire particulièrement exigeant, de Haydn et Mahler à Bartók, Schönberg et Thomas Adès, mettant à l’épreuve leur capacité à passer d’un langage musical à l’autre.

The Mahler Competition 2026 (c) Marian Lenhard
The Mahler Competition 2026 (c) Marian Lenhard

La spécificité de la Mahler Competition réside toutefois dans sa philosophie d’évaluation. Les trois finalistes ont bénéficié de deux journées complètes de répétitions avant le concert final du 3 juillet. Plus qu’un concours, son déroulement évoquait un véritable processus de recrutement d’un directeur musical. Les membres du jury assistaient aussi bien aux répétitions qu’au concert, depuis différents points de la salle, afin d’évaluer non seulement le résultat artistique, mais aussi la manière dont chaque chef élaborait son interprétation, dialoguait avec l’orchestre et faisait émerger sa vision musicale.

Au fil des répétitions, il devenait évident que chaque candidat possédait sa propre méthode de travail. Certains privilégiaient des indications brèves et précises ; d’autres nourrissaient leur approche par des images, des références littéraires ou des explications sur l’architecture de l’œuvre. Cette diversité rappelait qu’au plus haut niveau, la direction d’orchestre est avant tout un art de la transmission, de l’écoute et de la conviction.

Jakub Przybycien (c) Marian Lenhard
Jakub Przybycien (c) Marian Lenhard

Le jury, présidé par Jakub Hrůša, a décerné le 2ᵉ Prix ainsi que le Prix du public au chef polonais Jakub Przybycień (31 ans). Le 3ᵉ Prix a été attribué ex æquo au Français Simon Clausse (25 ans) et à l’Italo-Russe Sieva Borzak (29 ans). Aucun premier prix n’a été décerné cette année.

Interrogé à l’issue de la finale, Jakub Przybycień retenait avant tout une leçon de liberté artistique :

« J’ai appris à rester fidèle à mes idées, même lorsqu’elles paraissaient audacieuses. Comme le disait Nikolaus Harnoncourt, la musique commence au bord de la chute. Oser prendre des risques est la seule manière de faire véritablement de la musique. »

Sieva Borzak (c) Marian Lenhard
Sieva Borzak (c) Marian Lenhard

Pour Sieva Borzak, cette édition a surtout marqué une rencontre décisive avec l’univers de Gustav Mahler :

« C’était la première fois que je dirigeais sa musique. Ses partitions sont d’une densité et d’une précision extraordinaires. Ce concours m’a permis d’entrer véritablement dans son univers, et j’espère poursuivre ce chemin à l’avenir. »

Simon Clausse (c) Marian Lenhard
Simon Clausse (c) Marian Lenhard

Simon Clausse, enfin, insistait sur la dimension profondément formatrice de cette expérience :

« Travailler cette musique avec un orchestre de ce niveau est un apprentissage exceptionnel. Pour un jeune chef, une telle expérience est tout simplement inestimable. »

À Bamberg, la Mahler Competition rappelle qu’un chef d’orchestre ne se révèle pas seulement le soir du concert, mais dans sa capacité à convaincre, à transmettre et à faire naître une vision musicale au fil du travail avec l’orchestre.

Le 3 juillet 2026, Bamberg, Allemagne

Membre du Syndicat Professionnel de la critique Théâtre, Musique et Danse, Marine partage ses émotions au travers de ses chroniques. Marine Park est rédactrice de différents médias spécialisés dans la musique classique. Diplômée du cursus professionnel « Administrateur / Producteur Projets Musicaux » à l’Université de Paris, Marine est conseillère artistique et développe divers projets artistiques.
(c) Jean Grisoni