Pendant dix jours, le Muziekgebouw et le Bimhuis d’Amsterdam vibrent au rythme du violoncelle à l’occasion de la onzième édition de la Cello Biennale. Au programme : concerts, masterclasses, concours, expositions de luthiers et événements en tout genre.
Du matin au soir, le public de la biennale de violoncelle d’Amsterdam, est invité à investir les différentes salles (jusqu’à une yourte temporairement installée à l’extérieur), pour découvrir toutes les facettes de l’instrument. On y écoute de la musique classique, du baroque et du contemporain (avec pas moins de 23 créations) mais aussi du jazz, du rock, de la pop, de l’électronique, et on assiste à des performances, improvisations et pièces de théâtre.
Depuis sa création en 2006, le festival n’a cessé de repousser les frontières du violoncelle. Cette année, le thème Shifting Borders (Frontières mouvantes) invite à découvrir des musiques et des artistes venus du monde entier, avec pour fil conducteur la connexion et la coexistence.
Une ambition qui prend tout son sens dans une actualité internationale toujours plus tendue, où le dialogue, l’empathie et parfois même le respect pour la vie humaine se font de plus en plus rares.

Parmi les temps forts de cette édition, la création mondiale de Flowing Borders, de Saskia Rao-de Haas et Pandit Shubhendra Rao, qui fait dialoguer la tradition du raga avec les formes musicales européennes, entre improvisation et écriture, héritage ancien et création contemporaine.
À noter également, The Forbidden Verses of Freedom, du compositeur iranien et virtuose du kamânche (instrument à cordes frottées, proche de la vièle à pique) Kayhan Kalhor.
Cette œuvre rend hommage au mouvement de protestation Femme, Vie, Liberté, né suite à de la mort de Mahsa Amini, une étudiante iranienne de 22 ans décédée après son arrestation par la police des mœurs, pour avoir prétendument enfreint les règles vestimentaires imposées aux femmes.
La compositrice iranienne Aftab Darvishi est également à l’honneur avec son nouveau concerto pour violoncelle, écrit à distance depuis les Pays-Bas, alors que son pays natal, l’Iran, est en guerre. Une œuvre qui exprime la vulnérabilité et la douleur de suivre ce conflit de loin, avant de s’ouvrir sur la résilience humaine et l’espoir.

Le Cello Club Night propose, quant à lui, un mélange de musique, de danse et de performance dans une atmosphère festive, célébrant la communauté queer, avec entre autre le danseur syrien queer The Darvish.
Au-delà de la fête, l’événement entend contribuer à sa visibilité, à son acceptation sociale et à son autonomie, rappelant que ses membres restent parfois victimes de discriminations et de violences, même aux Pays-Bas.

Le festival propose également la première néerlandaise du concerto pour violoncelle de Marie Jaëll, composé en 1882 et considéré comme le plus ancien concerto pour violoncelle écrit par une femme, ainsi que la création mondiale d’un concerto pour violoncelle d’Ottorino Respighi, composé en 1902 et achevé par le violoncelliste italien Giovanni Sollima.
Le festival a lieu du 29 octobre au 7 novembre au Muziekgebouw an t’Ij et le Bimhuis d’Amsterdam: www.cellobiennale.nl
Image de couverture: © Foppe Schut

