Five-Scenes-for-Orchestra
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Five Scenes for Orchestra – Paysages sonores de Nathan Henninger

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Originaire de Toronto et formé à la Juilliard School, Nathan Henninger s’impose comme l’une des nouvelles voix de la scène orchestrale contemporaine. Installé entre New York et les Açores, ce compositeur et chef d’orchestre navigue entre salles de concert et univers cinématographiques, avec une écriture à la fois raffinée et évocatrice. Son premier album, Five Scenes for Orchestra : une invitation à voyager au cœur de paysages sonores aussi intimes que spectaculaires. Conversation avec Nathan Henninger.

Votre premier album orchestral, « Five Scenes for Orchestra », sort le 8 août. Quelle a été l’intention première derrière ce projet ?

L’intention initiale en composant Five Scenes for Orchestra était de créer une sorte de vitrine de narration musicale orchestrale que l’on pourrait associer au cinéma, mais sans film ni programme précis. L’auditeur peut imaginer et décider de l’histoire, ce qui rend l’expérience engageante, amusante et presque magique. D’une certaine manière, cela ressemble à une suite, à l’image de Peer Gynt, offrant des extraits d’une histoire plus vaste.

Nathan Henninger
Nathan Henninger

L’album a été enregistré avec des musiciens issus des plus grands orchestres berlinois. Comment avez-vous constitué cet ensemble exceptionnel ?

J’ai travaillé avec le Scoring Berlin Orchestra, qui regroupe des musiciens issus des principales institutions musicales de la ville, comme les Berliner Philharmoniker, la Deutsche Oper Berlin ou le Deutsches Symphonie-Orchester. Leur PDG, Tom Rußbüldt, a organisé cet ensemble remarquable. Le graphiste de mon album a créé un collage amusant de l’orchestre que l’on retrouve en ouvrant le CD. Les abonnés du Digital Concert Hall des Berliner Philharmoniker reconnaîtront peut-être certains visages. J’étais ravi et impressionné par leur chaleur humaine et leur profonde musicalité, et je me suis lié d’amitié avec plusieurs d’entre eux.

Vous avez composé cette œuvre pendant une période de transition personnelle, entre New York et les Açores. Comment ce changement de vie a-t-il influencé votre écriture musicale ?

Les Açores m’ont permis de mieux m’entendre moi-même. J’adore New York pour son énergie et ses nombreuses activités culturelles, mais parfois, une part de moi semblait inaccessible. Être proche de la nature, au calme avec l’océan et les sentiers de randonnée à proximité, m’a aidé à me reconnecter à moi-même et à savoir plus clairement ce que je voulais exprimer en tant que compositeur. Résultat : ma musique est plus claire et davantage connectée à ce que je suis vraiment aujourd’hui.

Le disque est présenté comme une fresque immersive, aux influences cinématographiques. Peut-on dire que vous construisez des paysages sonores ?

Oui, « paysages sonores » est un excellent terme. Mes compositions sont comme des peintures musicales, des impressions. On peut penser à quelque chose de similaire à Tableaux d’une exposition de Moussorgski, sur le plan conceptuel.

Votre musique est traversée par un message d’unité et de paix. Quelle place donnez-vous à cet engagement humaniste dans votre travail de compositeur ?

C’est très important pour moi. Mon grand-père était quaker et croyait que nous pouvions améliorer le monde, en commençant par nous écouter les uns les autres. La musique illustre cela : un orchestre ou une chorale nous montre comment vivre et créer ensemble. Nous nous exprimons comme un tout, jouons harmonieusement, et cela commence par l’écoute et la reconnaissance des voix et expériences uniques de chacun. Mon expérience aux Nations Unies en communication m’a également appris que créer de l’art est une façon de découvrir notre propre voix tout en mettant en lumière celles des autres.

Vos influences vont de John Williams à Gustav Holst, en passant par l’impressionnisme. Comment parvenez-vous à faire dialoguer ces univers dans votre propre langage ?

J’écris ce que j’aime, ce que j’aimerais entendre en tant qu’auditeur. Une grande partie repose sur le goût personnel, et sur la question : « Est-ce nécessaire ? Est-ce utile émotionnellement ? ». Je cherche à créer une musique qui semble familière et chaleureuse, tout en restant originale, exprimant mes propres émotions et expériences. Je m’inspire de ce que j’aime chez Holst ou Williams, tout en explorant ce que je pourrais faire différemment. Mon attachement à leur musique vient aussi de mon enfance et de mes premières expériences musicales.

Vous préparez déjà un second album, Romanza, prévu pour 2026. Pouvez-vous nous en dire un mot ?

Romanza est prêt ! Nous avons enregistré à Budapest en juin et terminé le mixage fin juillet. Je suis très heureux du résultat : les performances sont riches, expressives et magnifiques. L’album est orchestré pour un grand orchestre à cordes, un piano solo et une large section de percussions. Il dure environ 20 minutes et, comme Five Scenes for Orchestra, il propose un voyage cinématographique que l’auditeur crée en écoutant. La musique y est plus intime et romantique, mais elle évoque autant nos peurs que nos amours, qu’il s’agisse d’un être cher disparu ou de l’amour que l’on porte à un ami, un animal de compagnie ou un grand-parent. C’est un voyage du cœur au cœur, une expérience intime et colorée. La sortie est prévue pour le début de l’année 2026, accompagnée d’autres pièces pour piano que j’enregistre avec le même pianiste, Marouan Benabdallah, à Budapest.

Membre du Syndicat Professionnel de la critique Théâtre, Musique et Danse, Marine partage ses émotions au travers de ses chroniques. Marine Park est rédactrice de différents médias spécialisés dans la musique classique. Diplômée du cursus professionnel « Administrateur / Producteur Projets Musicaux » à l’Université de Paris, Marine est conseillère artistique et développe divers projets artistiques.
(c) Jean Grisoni