Débora Waldman © Edouard Brane

L’intégrale des symphonies de Mozart au Collège des Bernardins

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Débora Waldman poursuit son intégrale en concert des symphonies de Mozart avec l’Orchestre Idomeneo au Collège des Bernardins, une aventure qui n’avait plus été tentée à Paris depuis le bicentenaire en 1956.

Débora Waldman et l’Orchestre Idomeneo © Manuel Goutier

Icône parmi les icônes de la musique, Mozart, avec ses quelques 600 oeuvres, peut encore surprendre le mélomane, en dehors des sentiers battus. Si son corpus symphonique compte quelques unes des pages les plus célèbres du répertoire, telles les trois dernières, n°39, n°40, et n°41, sommets du genre à l’époque du classicisme viennois, il compte des numéros beaucoup moins souvent joués. Avec son Orchestre Idomeneo, Debora Waldman s’est lancée, depuis le début du moins de décembre 2025, dans une intégrale – la première en concert à Paris depuis le bicentenaire de la naissance de Mozart en 1956 – qui présente l’originalité d’associer les opus en enjambant la continuité chronologique. L’idée est de faire redécouvrir le jaillissement du génie du compositeur en remettant en valeur la singularité des joyaux méconnus que la linéarité de l’évolution biographique émousserait.

Si les pupitres de l’Orchestre Idomeneo jouent sur instruments modernes, le jeu est nourri par la pratique que l’on qualifie d’historiquement informée. Un tel croisement, de plus en plus courant aujourd’hui, témoigne de l’assimilation des recherches et des expériences musicologiques menées par les « baroqueux » depuis plus d’un demi-siècle. Le travail sur la clarté de l’intonation et de la vitalité de l’articulation fait que les questions d’authenticité dépassent désormais les clivages de lutherie.

Débora Waldman © Edouard Brane

Après avoir fait dialoguer, en ouverture du cycle en décembre, l’ultime Requiem avec la Symphonie n°3, le deuxième concert du 6 février met en regard la célèbre n°40 en sol mineur avec la n°9 et la n°34, contemporaine des Vêpres solennelles d’un confesseur, tandis que le lendemain la n°1, courte page d’un enfant prodige de 7 ans, est présentée avec trois symphonies proches dans le temps, au début des années 1780 – le n°32, la n°35 initialement dédicacée à Haffner, et la n°36, de la main d’un homme tout juste marié avec Constance Weber. Cette intégrale, qui s’étendra jusqu’en 2028 et est donnée aux Bernardins dans le cadre d’une saison qui met aussi à l’affiche les 18 sonates et les 12 motets du génie de Salzbourg, ainsi qu’un spectacle autour de ses opéras, se poursuit avec deux dates au printemps. Le 9 avril, la n°33 est donnée avec des pièces de jeunesse, les n°s5, 10, 11 et 17. Le 28 mai, la n°25, prototype de l’inspiration tragique de la n°40, avec laquelle elle partage la même tonalité de sol mineur, est jouée avec deux symphonies de l’année 1772, les n°s18 et 19.

Gilles Charlassier