Christopher Gibert © Emily Remy
Christopher Gibert © Emily Remy

Rencontre avec Christopher Gibert, chef de choeur et compositeur

6 minutes de lecture

A l’occasion de la sortie de son premier disque, nous sommes allés rencontrer Christopher Gibert. Ce jeune chef de choeur et compositeur talentueux nous raconte ici son expérience à travers un enregistrement qui, espérons-le, fera la joie des auditeurs.

 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours musical ?

J’ai débuté la musique par l’orgue puis me suis rapidement tourné vers la composition et la direction de chœur. Organiste durant dix ans à Rocamadour (Lot), j’ai par ailleurs fondé le chœur de chambre Dulci Jubilo à Toulouse avec lequel je viens d’enregistrer mon premier disque.

 

Qu’appréciez-vous particulièrement dans la direction de chœur ?

Le travail du son. A la manière d’un peintre, le chef peut ciseler le son pour obtenir une couleur de voyelle particulière, il peut mettre en valeur le texte en fonction de sa lecture de la partition… Le chœur est un ensemble d’individualités qui se réunissent pour créer un ensemble homogène de sonorités. En cela, le travail du chef est passionnant car il est sans cesse évolutif et dépend de sa manière d’allier les relations humaines avec ses idées musicales.

 

Vous dirigez depuis quelques années le chœur de chambre Dulci Jubilo : pouvez-vous nous parler de cet ensemble et de ce qu’il vous apporte au quotidien ?

J’ai créé cet ensemble avec des amis de la faculté et du conservatoire durant mes études à Toulouse. Nous avons cheminé ensemble et franchissons aujourd’hui le pas de la professionnalisation. C’est une grande joie de partager ces moments de musique et d’amitié. Je suis heureux de pouvoir mêler des relations amicales solides et sincères avec une pratique de la musique sans cesse plus exigeante et profonde. Après tout, peut-être que les deux vont de pair !

A quel moment avez-vous décidé d’enregistrer un disque ?

C’est une idée qui s’est naturellement imposée il y a un an. Le chœur me semblait prêt à franchir le cap et la demande d’entendre mes œuvres enregistrées grandissante. C’est ainsi que nous sommes venus à monter ce projet avec des invités talentueux tels que Thomas Ospital. Par ailleurs, grâce au travail d’Emily Rémy en la qualité de secrétaire d’artiste (soutenue par la SPEDIDAM), nous avons pu traiter avec soin et qualité toutes les questions de production, ô combien nombreuses et lourdes lorsqu’il s’agit d’une autoproduction. Ce disque est un véritable challenge que nous sommes heureux de relever ensemble : avec l’équipe d’Anima Nostra ainsi que les artistes.

 

Comment êtes-vous arrivé à la composition ? A quelle occasion avez-vous composé le Stabat Mater présent sur cet enregistrement ?

Composer est un besoin. Je pense (et espère) que l’on compose quand on a des choses à dire. La musique est un merveilleux moyen pour exprimer ses émotions. Je suis partisan d’une musique chorale accessible, aux sonorités héritées de toute la tradition française. Je ne me prétends pas inventeur ou innovateur, mais propose une lecture sensible des textes mis en musique avec un soin particulier apporté à la ligne mélodique, à l’harmonie et aux couleurs sonores. Le Stabat Mater a été créé et commandé par le festival de musique Sacrée de Rocamadour lors de sa 10ème édition. La pièce est en hommage à Francis Poulenc, compositeur étroitement lié à ce lieu.

 

Quels sont vos prochains projets musicaux ?

Pour les commémorations du 11 novembre 2018, la mairie de Saint-Emilion m’a commandé une Cantate pour la Paix, pour soliste, violoncelle et orgue. Cette pièce de 45 minutes est un parcours à travers des poèmes contemporains de la guerre, se terminant par une touche plus lumineuse, nous incitant à espérer la Paix.

Par ailleurs, je collabore en ce moment avec le saxophoniste et compositeur de jazz Jean-Marc Padovani. Nous créerons notre premier spectacle ensemble à la Scène Conventionnée de Figeac le 30 novembre 2018 et le 16 mars 2019 à la Scène Nationale de Foix et de l’Ariège – l’Estive. Ce spectacle mêlera musique contemporaine, jazz et musiques traditionnelles occitanes.

Enfin, le disque « Stabat Mater » sortira le 23 novembre 2018 à Toulouse. C’est un moment important pour le Chœur de chambre Dulci Jubilo et nous espérons pouvoir parcourir l’hexagone avec ce programme.

 

Le site d’Anima Nostra: www.animanostra.fr

 

Ingénieur en mécanique, mais aussi titulaire d'un master international de musique et musicologie (université Paris-Sorbonne et Université de Sarrebrück) ainsi que d'une licence de sciences, je suis passionné par les instruments et la musique classique depuis mon enfance. Ma jeune carrière m'a permis d'avoir une opportunité à Safran Transmission Systems de 2017 à 2020. En tant que violoncelliste amateur, j'ai participé à l'Annecy Classic Orchestra avec Fayçal Karoui et Denis Matsuev en 2014 et 2015 et au Festival Berlioz en 2016.

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