Le 10 octobre prochain paraîtra chez La Boîte à Pépites une nouvelle monographie consacrée à la compositrice et pédagogue française Marie Jaëll (1846-1925), figure fascinante du XIXᵉ siècle musical, encore trop méconnue aujourd’hui.
Redécouvrir une compositrice visionnaire
Virtuose saluée en Europe, proche de Liszt et enseignante influente, Marie Jaëll fut aussi une créatrice audacieuse. Son œuvre, à la croisée de la virtuosité pianistique et de la quête spirituelle, oscille entre pièces intimes et vastes fresques sonores. Le disque « Une quête d’infini » révèle pour la première fois ses grandes pages chambristes :
Quatuor avec piano en sol mineur (1875)
Dans un rêve pour violon, violoncelle et piano (vers 1881)
Romance pour violon et piano (1882)
Ballade pour violon et piano (1886)
Toutes ces œuvres, gravées en première mondiale, dévoilent une facette essentielle de son langage, entre lyrisme romantique et modernité naissante.
Des interprètes engagées
Quatre musiciennes de la jeune génération portent ce projet avec passion : Manon Galy (violon), Léa Hennino (alto), Héloïse Luzzati (violoncelle) et Célia Oneto Bensaid (piano). Ensemble, elles rendent hommage à une femme qui, de son vivant, avait déjà choisi l’exigence artistique plutôt que la reconnaissance mondaine.
La genèse de l’album remonte à 2021, en pleine pandémie, lorsqu’Héloïse Luzzati et Célia Oneto Bensaid découvrent le manuscrit du Quatuor avec piano. « C’est en le déchiffrant au téléphone que nous avons eu le déclic », raconte la violoncelliste, fondatrice du projet Cité des Compositrices. Depuis, un travail minutieux d’édition des sources a permis de donner une nouvelle vie à ces partitions.
Un concert de sortie aura lieu le lundi 6 octobre à 20h, au Théâtre des Bouffes du Nord, avec les quatre interprètes réunies autour de ce programme rare et lumineux.

Un héritage à propager
Si l’on retient souvent Marie Jaëll comme pédagogue et autrice d’ouvrages théoriques influents, ce disque rappelle la puissance de sa voix de compositrice. Elle écrivait en 1916 à la poétesse Catherine Pozzi :
« Mon œuvre est terminée, elle se termine dans un rayonnement prodigieux que vous connaîtrez un jour ou l’autre. […] Il faut maintenant songer à la propagation. »
Un siècle plus tard, grâce à cette parution, ce vœu de propagation se réalise enfin.
