Les Arènes Lyriques © Anna Evn
Les Arènes Lyriques © Anna Evn

Les Arènes Lyriques : éclats musicaux sous le ciel de Montmartre

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Vendredi soir, les Arènes Lyriques de Montmartre se sont transformées en un écrin de poésie sonore sous les étoiles. L’événement, baigné par un ciel estival clément, a su captiver un public venu en nombre, attiré par la promesse d’un moment d’exception.

 

La douce chaleur d’une soirée d’été enveloppait les spectateurs qui gravissaient la butte en silence, tels des pèlerins en route vers un temple dédié à la musique. Dans l’air, une anticipation palpable flottait, que même la légère brise ne parvenait à dissiper.

Nous nous trouvions dans cet amphithéâtre en plein air, un véritable bijou niché au cœur de Montmartre. À l’entrée, chaque spectateur recevait un petit coussin, une attention délicate pour rendre plus confortable l’assise sur les pierres des gradins.

Les Arènes Lyriques © Yves Bourgeois
Les Arènes Lyriques © Yves Bourgeois

Pendant ce temps, les musiciens prenaient place sur scène : les hommes en chemise blanche, les femmes parées de hauts à paillettes rose et vert, en parfaite harmonie avec les lumières qui allaient plus tard illuminer l’arène.

La soirée débuta avec une douceur mesurée par les notes du deuxième mouvement du Concerto pour piano de Poulenc, joué avec finesse sous la direction élégante de Noémi Gasparini. Au piano, Ionah Maiatsky, tout en nuances, invita à une écoute attentive, une entrée en matière discrète mais assurée.

L’atmosphère était des plus agréables, bercée par une légère brise qui, alliée aux éventails et aux verres de vin blanc que le public dégustait, apportait une sensation de fraîcheur bienvenue.

Un à un, les solistes montèrent sur scène, chacun expliquant avec clarté les pièces qu’ils allaient jouer, ajoutant une pointe d’humour pour détendre l’atmosphère.

Le programme se poursuivit avec le vibrant premier mouvement du Concerto pour viole d’amour de Vivaldi, retranscrit pour violon et de de la Méditation du Souvenir d’un lieu cher de Tchaïkovski, jouée avec intensité et précision.

Les Arènes Lyriques © Yves Bourgeois
Les Arènes Lyriques © Yves Bourgeois

La soprano Clara Barbier Serrano interpréta d’abord l’air Vorrei spiegarvi, oh Dio ! de Mozart — élégamment accompagné au hautbois par Éléonore Courtillon — alliant une voix bien maîtrisée et des gestes simples et efficaces. Elle enchaîna ensuite avec Regnava nel silenzio de Lucia di Lammermoor de Donizetti, réussissant à adapter cet air dramatique à ce cadre intime, loin des grandes salles d’opéra.

La soprano Cyrielle Ndjiki livra une poignante Zdes’ Khorosho de Rachmaninov, suivie de l’air D’oreste, d’Ajace de Mozart, démontrant toute la puissance et l’agilité de sa voix.

Le programme se poursuivit avec la Mazurka op. 17 n°4 de Chopin, où Maiatsky, tout en finesse, réussit à captiver l’audience avec un jeu léger et dansant et le troisième mouvement du Concerto pour piano n°2 de Poulenc avec l’orchestre dans un dialogue clair et empreint d’émotion.

Tandis que la nuit s’épaississait, l’ambiance devint alors encore plus intime, ainsi que la musique : en balayant les cordes de son violon, tel une guitare, Gasparini chanta Gracias a la vida de Violeta Parra. Cette chanson celèbre les aspects universels de la vie humaine : la capacité à voir, à entendre, à parler, à marcher, à aimer… Ensuite, accompagnée d’un violoncelle et d’une contrebasse elle a chanté Cucurrucucú Paloma de Tomás Méndez, compositeur mexicain comme elle.

Les Arènes Lyriques © Arènes Lyriques
Les Arènes Lyriques © Arènes Lyriques


Serrano chanta ensuite avec brio Quando voglio con un vezzo d’Antonio Sartorio, avant que Ndjiki ne nous offre une émouvante Mort d’Isolde de Wagner, sa robe blanche flottant au gré du vent et se détachant vivement contre l’éclairage tamisé de la scène. 

En bis, Histoire d’un amour de Carlos Almarán, chantée à trois voix, apporta une ultime nuance d’émotion. 

Ce concert aux Arènes Lyriques de Montmartre a été sans doute réussi, autant pour la qualité des interprétations que pour l’atmosphère particulière du lieu, reflétant une réelle complicité entre artistes et public, qui fait toute la magie des nuits musicales en plein air.

 



Solistes
Noemi Gasparini violon solo et direction musicale

Clara Barbier Serrano soprano
Cyrielle Ndjiki soprano
Ionah Maiatsky piano

 

Orchestre Ostinato

Cosima Brezovski violon
Mostafa Saad violon
Gandhi Saad violon
Omar Saad alto
Arthur Mouret alto
Tibah Saad violoncelle
Hélène Postel-Labarthe violoncelle
Camille Martin contrebasse
Téa Lucchi flûte
Éléonore Courtillon hautbois
Oleksandr Zhehalov clarinette
Hugo Tobie cor
Vivian Angelloz basson
Zacchary Leblond percussions 

Parallèlement à sa formation en chant lyrique et en hautbois, Cinzia fréquente l'Académie des Beaux-Arts puis se spécialise en communication du patrimoine culturel à l'École polytechnique de Milan. En 2014 elle fonde Classicagenda, afin de promouvoir la musique classique et l'ouvrir à de nouveaux publics. Elle est membre de la Presse Musicale Internationale.