Les Chanticleer au Festival de la Chaise-Dieu
Les Chanticleer au Festival de la Chaise-Dieu © Bertrand PICHENE

Festival de la Chaise-Dieu 2019 : au nom des anges musiciens

7 minutes de lecture

Le 53ème Festival de la Chaise-Dieu (du 22 août au dimanche 1er septembre  2019) a réservé quelques belles surprises à ses nombreux fidèles.

L’ouverture du Festival était placée sous les auspices des « anges musiciens », du nom des superbes peintures anciennes qui sont visibles dans la chapelle basse de la somptueuse Collégiale Saint-Bonnet de Saint-Bonnet-le-Château où se déroulait le premier concert du Festival de la Chaise-Dieu 2019.

En effet, l’évènement ne se borne pas à animer la mythique Abbatiale Saint-Robert : il rayonne, au sens propre comme au sens figuré sur de nombreuses communes du département de la Haute-Loire ainsi que sur quelques villes d’autres départements, tel, la Loire.

C’est dans ces conditions que le « premier rayon » du Festival s’est posé à Saint-Bonnet-le-Château pour accueillir le célèbre ensemble vocal américain Chanticleer, composé de douze voix d’hommes a cappella, de la voix de contre-ténor à celle de basse profonde.

Photographie Jacques Héritier Saint-Galmier
Photographie Jacques Héritier Saint-Galmier

Tirant profit de la superbe acoustique de la Collégiale, les Chanticleer ont débuté leur concert, en procession, au son du sublime O frondens virga d’Hildegarde von Bingen et ont enchaîné pendant près de deux heures avec un programme qui parcourt l’histoire de la musique du Moyen-Âge au XXème siècle, jusqu’à celle d’aujourd’hui.

Outre quelques trésors de la musique ancienne anglaise (Philips, Byrd, Gibbons) et hispaniques (Padilla, Salazar), deux moments forts sont à noter, portés par la virtuosité de cet ensemble composé de solistes : la bouleversante Missa la sol ré mi de Josquin Des Prés dont il a été donné des extraits, et les pièces traditionnelles américaines, véritable cheval de bataille de l’ensemble.

Le concert est à cet égard autant visuel que musical, les changements de plateau donnant lieu à de véritables parades quasi militaires réglées au cordeau, ainsi  qu’à de pittoresques échanges entre le soliste de chaque pièce (rarement un même soliste pour les morceaux successifs) et le chœur.

Douze voix d’hommes du prestigieux choeur américain Chanticleer © Bertrand PICHENE
Douze voix d’hommes du prestigieux choeur américain Chanticleer © Bertrand PICHENE

On se prête à imaginer (à rêver ?) les « Chanticleer » interprétant des pièces de compositeurs contemporains français, tels Philippe Hersant, Thierry Escaich, Caroline Marçot et beaucoup d’autres …

 

Passion selon Saint-Jean de Bach à l’Abbatiale Saint-Robert

Le Festival réintégrait le vendredi 23 août l’Abbatiale Saint-Robert pour son deuxième concert avec une Passion selon Saint-Jean de Bach donnée sous la direction du contre-ténor Damien Guillon qui, pour l’occasion, avec son ensemble Le Banquet Céleste, a souhaité associer le chœur (cœur ?) de son enfance, la Maîtrise de Bretagne.

Le propos du musicien est clair : il est ici question d’interpréter le grand œuvre du Cantor au plus près des conditions supposées dans lesquelles il fut créé : un orchestre de dimension plutôt modeste composé d’instruments anciens, une maîtrise (enfants et adolescents répartis en pupitres de soprani et alti) pour les voix aiguës, et un choeur de chambre, le Choeur Mélisme(s), composé de ténors et de barytons pour les voix plus graves et plus timbrées. On est ici dans la configuration assumée d’une « Passion de paroisse », au bon sens du terme, et non d’un grand concert tel qu’il peut en être donné à l’approche des fêtes de Pâques.

Ce qui s’impose à l’auditeur, c’est d’abord le souci de l’authenticité : en musicien raffiné et impliqué, Damien Guillon ne ménage pas ses efforts : il est servi par un bon plateau de solistes. A commencer par le ténor anglais Thomas Hobbs qui incarne remarquablement l’Évangéliste ; on aurait souhaité qu’il fût plus engagé dramatiquement.

Damien Guillon dirige la Passion selon Saint-Jean de Bach © Bertrand PICHENE
Damien Guillon dirige la Passion selon Saint-Jean de Bach © Bertrand PICHENE

Benoit Arnoud compose un solide Jésus, bien entouré par l’alto Christopher Lowrey, l’excellente soprano Myriam Arbouz, le ténor Nicholas Scott, et le baryton Tobias Berndt qui campe un remarquable Pilate. Quant à la Maîtrise de Bretagne, « la maîtrise » de Damien Guillon, là où musicalement tout a commencé pour lui, elle se montre très impliquée dans ce beau projet artistique. Dans cette œuvre toute de brusques colères et déplorations, la dimension tragique n’a pas toujours été présente. On retiendra de cette Passion le magnifique projet artistique, à conforter et à réentendre dans une acoustique plus propice.

 

 

Jeudi 22 août 2019 – Collégiale Saint -Bonnet – Saint Bonnet-le-Château

« Des Anges Musiciens »

De Hildegard von Bingen à Kurt Weill, et nombreux morceaux « traditionnels »

Ensemble CHANTICLEER

Direction William Fred Scott

 

Vendredi 23 août – Abbatiale Saint-Robert- La Chaise-Dieu

Passion selon Saint Jean de JS Bach

Thomas Hobbs,  Evangéliste

Benoit Arnould,  Jésus,

Myriam Arbouz, soprano,

Christopher Lowrey, alto,

Nicholas Scott, ténor

Maîtrise de Bretagne ( Direction: Jean-Michel  Noël)

Choeur de Chambre Mélisme (s) (Direction Gildas Pungier)

Le Banquet Céleste

Damien Guillon, Direction

 

 

 

 

Les années au Barreau, où il a été notamment actif dans le domaine des droits de l'homme, ne l'ont pas écarté de la musique, sa vraie passion. Cette même passion le conduit depuis une quinzaine d'années à assurer l'animation de deux émissions entièrement dédiées à l’actualité de la vie musicale sur Fréquence Protestante.

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