Le Sirba Octet
Le Sirba Octet à La Scala © MG Community

Sirbalalaïka : le Sirba Octet exalte La Scala !

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Le Sirba Octet était en concert le vendredi 26 juin à la Scala de Paris. Un moment de pure joie de vivre, de sentiment de liberté retrouvée ! Dans leur nouveau programme intitulé Sirbalalaïka, ils interprétaient – avec en invité Alexei Birioukov à la balalaïka – un panachage de pièces d’Europe centrale, traditionnelles russe et klezmer. Leur savoir-faire millimétré allié à leur bonne humeur désinvolte a enflammé le public.

 

Le Sirba Octet, c’est deux violons, un alto, un violoncelle, une contrebasse, une clarinette, un piano et un cymbalum, avec un invité à la balalaïka, des arrangements sur-mesure et des hôtes pointus. Créé en 2003 à l’initiative du violoniste classique Richard Schmoucler avec quelques amis, collègues de l’Orchestre de Paris, le musicien donne tout de suite l’empreinte caractéristique de l’ensemble qui allie la rigueur de la technique classique à la liberté et la fantaisie du répertoire traditionnel populaire. Ancien élève d’Ivry Gitlis, de Dévy Erlih et Tibor Varga, Richard Schmoucler a su combiner ses deux univers intimes et s’entourer de valeureux artistes, sans lesquels l’identité du Sirba Octet ne serait pas ce qu’elle est : Philippe Berrod, flamboyant clarinettiste, Bernard Cazauran, inimitable à la contrebasse, le pétillant Iurie Morar au cymbalum et Cyrille Lehn, homme de l’ombre, arrangeur et orchestrateur hors pair du groupe. Dans l’ensemble on compte aussi le violoniste Laurent Manaud-Pallas de l’Orchestre National de France, l’altiste Grégoire Vecchioni de l’Opéra national de Paris, et la touche féminine du Sirba, Claude Giron, au violoncelle. Ils ont su créer une identité sonore tout à fait personnelle et intemporelle et font revivre d’une manière originale les répertoires klezmer, yiddish, russe, roumain, moldave ou tzigane.

 

La deuxième vie de La Scala

Le concert était l’occasion de découvrir ce lieu accueillant tous les courants de création – théâtre, danse, musique, nouveau cirque, arts visuels et numériques -, surplombé d’un restaurant chic. Reconstruite et rouverte en 2018, La Scala créée en 1874 était à l’origine « caf-conc », un café concert, situé sur le boulevard de Strasbourg près des grands boulevards. D’abord un célèbre music-hall qui a accueilli des artistes tels que Paulus, Mayol, Mistinguett puis dans les années 30, un cinéma Art déco avant de devenir en 1977, le premier multisalle de cinéma pornographique. Enfin, rachetée en 2016, La Scala devient un théâtre de 550 places dédié aux arts de la scène, à la musique et aux arts visuels, ouvert aux créations françaises et internationales.

Aucune trace de ce passé mouvementé ne subsiste dans la grande salle contemporaine noire aux sièges bleus, parfaitement impersonnelle mais confortable, pratique, bien équipée et qui permet un grand confort d’assise et de visibilité, avec sa structure en gradins.

Le Sirba Octet à La Scala
Le Sirba Octet à La Scala, à Paris © MG Community

Bonne humeur irrésistible

Sur scène, le Sirba Octet arrive dans un nuage de fumée et un éclairage tamisé, et entame sans autre forme d’introduction une suite moldave joyeuse et rythmée qui va donner le ton à tout le concert.

L’excellent Alexei Birioukov impressionne à la balalaïka, et les arrangements habiles donnent à entendre les musiciens tour à tour dans des solos, de façon judicieusement équilibrée. Les passages mélancoliques ne s’attardent jamais et le spectacle s’enchaîne avec une fluidité et un allant remarquables, on ne voit pas le temps passer !

L’expérience du Sirba Octet, la connivence entre les musiciens, leur interprétation très personnelle qui ne dénature jamais les pièces, leur art de panacher entre des morceaux souvent méconnus et quelques tubes revisités comme Les deux guitares ou Kalinka, séduisent immanquablement le public … et quand par trois fois Richard Schmoucler prend le micro entre les morceaux, ce n’est pas pour présenter telle ou telle œuvre comme on pourrait s’y attendre, mais pour raconter des blagues juives qui font craqueter de rire le public, et d’enchaîner par des morceaux avec des pièces plus pétulantes de vie les unes que les autres.

Le spectacle est incroyablement bien huilé, précis, lumineux, ce qui tient aussi aux personnalités des musiciens très joviales. Un moment euphorisant dont on repart le cœur léger. Le Sirba Octet s’apprête à entamer une grande tournée, où vous pourrez les retrouver un peu partout en France cet été.

 

Le site officiel de l’ensemble Sirba Octet

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